La domotique est à distinguer de l’automatisme. L’automatisme pur se rapporte à un appareil ou un équipement en particulier, pour le faire fonctionner de manière autonome selon des programmations généralement préétablies.
La domotique trouve son essence dans l’intelligence, sous la forme d’algorithmes et de plus en plus d’I.A. Elle a pour mission de gérer, dans sa globalité, chacun des paramètres individuels essentiels au bon fonctionnement d’une piscine, ainsi que chacun des équipements-clés, pour en tirer le meilleur parti dans le respect d’une synergie. La domotique assure ainsi à l’usager une piscine sans souci et au rendement optimum. De plus, elle offre une surveillance et, le cas échéant une prise en main à distance, même à l’autre bout de la planète, depuis un smartphone, une tablette ou un ordinateur. Grâce à la domotique, la piscine est devenue connectée.
Entre ces deux procédés distincts, naviguent néanmoins entre deux eaux quelques ersatz d’automatismes aux faux airs de domotique, et inversement des domotiques qui compilent des automatismes sans vraie gestion visant à une synergie de l’ensemble. Il importe donc au consommateur d’être bien informé pour différencier les systèmes d’automatisation programmée des systèmes d’automatisation régulée, dont la domotique relève.
Aussi est-ce sans doute par méconnaissance que certains considèrent encore de nos jours la domotique pour la piscine comme un gadget. Mais une certitude est là : de plus en plus de consommateurs, mis en confiance par les retours d’expérience positifs des utilisateurs déjà équipés, ont pris conscience du réel atout que cet outil peut apporter à la gestion globale de leur bassin ; et ils sont de plus en plus nombreux à franchir le pas en choisissant d’équiper leur piscine d’une domotique, dès la construction. Il faut dire que certains réseaux de pisciniers ont pris le parti d’équiper d’office leurs piscines en première monte car, à leurs yeux, la domotique est l’outil incontournable pour disposer d’une piscine performante et vertueuse, qui plus est en cette nouvelle ère où les maîtres mots sont : économies d’énergie ; coûts d’exploitation maîtrisés ; réduction de l’impact écologique.
Les fonctions de la domotique
Grâce à ses algorithmes et à son intelligence artificielle, la domotique assure une gestion optimale de la piscine, tout en offrant un contrôle et une surveillance à distance via un terminal connecté à Internet grâce à une interface Wi-Fi, voire 4G ou 5G.
Des capteurs et des sondes dans le bassin et sur les équipements de la piscine sont appairés au boîtier de la domotique installé au local technique. La fonction de ces collecteurs d’informations est de permettre une surveillance constante des équipements auxquels ils sont reliés, pour ainsi remonter en temps réel les valeurs obtenues que le cerveau de la domotique analyse en vue d’apporter les réglages adéquats sur chacun des appareils dont on lui a confié le contrôle, pour l’efficience globale attendue.
Gestion de la filtration
En matière de filtration de l’eau, la domotique tient compte de la température extérieure, de celle de l’eau et des conditions météorologiques pour adapter sa durée et pour moduler le débit de la pompe, lorsque celle-ci est un modèle bénéficiant d’un moteur à vitesse variable.
La fonction filtration peut être paramétrée en fonction du volume du bassin, du type de filtre employé et de la fréquentation habituelle ou non du bassin, pour que l’eau reste bien claire en toutes circonstances. Et en cas d’absence prolongée, là encore il est possible d’en informer la tête pensante pour qu’elle réduise le besoin en énergie, et par ailleurs la consommation de produits de traitement d’eau, comme nous le verrons un peu plus loin. L’occasion de préciser que la gestion de la durée de filtration prend également en compte les niveaux de pH et de désinfectant. En associant ce double paramètre à ceux de la température de l’eau, de l’air et de la météo, la domotique assure un niveau permanent de la qualité de l’eau.
Gestion du nettoyage du filtre
Lorsqu’est prévue la mesure de la pression du circuit hydraulique par la domotique, cette dernière déclenche au moment opportun le nettoyage automatique du filtre, en différant ou en anticipant au besoin l’opération, notamment si le bulletin météorologique consulté automatiquement via Internet annonce par exemple l’arrivée de pluies. Comme le nettoyage du filtre implique de puiser de l’eau du bassin, autant envisager le lavage lorsqu’il pleut pour profiter pleinement de cet apport d’eau gratuit, et aussi ne pas devoir rejeter inutilement de l’eau en cas de niveau trop élevé.
Gestion des températures basses
Pour les adeptes de l’hivernage actif, la domotique sait adapter la durée de circulation de l’eau lorsque chutent les températures, pour, en cas de gel, que le plan d’eau ne se trouve pas prisonnier de la glace, avec les conséquences connues de risques d’endommagement des skimmers, voire des canalisations des refoulements et de la prise balai.
Gestion du pH et du bactéricide
Côté traitement de l’eau, une chambre d’analyses pour réel pour permettre à la domotique d’être proactive en apportant immédiatement, voire préventivement les corrections nécessaires qui s’imposent. Ainsi, l’eau du bassin reste-t-elle toujours bien équilibrée, désinfectée et désinfectante, sans risque de développement d’algues, ni de bactéries.
Ce dispositif est relié à une régulation automatique du pH. S’agissant du désinfectant, mesuré par son potentiel d’oxydoréduction, l’utilisateur a le choix, au départ, du traitement délivré automatiquement dans le bassin : chlore, brome, électrolyseur, traitement UV, oxygène actif, PHMB… grâce à des doseurs automatiques appropriés ou des pompes doseuses spécifiques.
Gestion du chauffage
En contrôlant le chauffage de la piscine, la domotique maintient la température de l’eau au point consigne défini par l’utilisateur pour qu’il dispose d’une baignade toujours agréable quelles que soient la température extérieure, les conditions météorologiques et la saison. La domotique sait parfaitement bien gérer les pompes à chaleur, lesquelles de plus en plus intègrent un module interne de communication sans fil. Les pompes à chaleur de génération Inverter ont toutes leur légitimité en la matière car elles s’adaptent aux réels besoins du moment grâce à un variateur de puissance sur le compresseur et sur le ventilateur qui assure une très faible consommation électrique. Cette gestion intelligente permet à la pompe à chaleur de ne pas se focaliser uniquement sur la température d’eau du bassin, mais aussi sur celle de l’air. C’est ainsi que pour assurer le meilleur rendement, la domotique fait un croisement entre température ambiante et celle de l’eau, puis adapte la puissance idéale de la pompe à chaleur. Et plus celle-ci fonctionne à bas régime, plus son niveau sonore de fonctionnement sera faible.
La domotique est également à l’aise avec les autres systèmes de chauffage de l’eau, y compris celui par panneaux solaires à condition de compléter ce type d’installation d’électrovannes pour gérer les flux de circulation prioritaires.
Gestion des éclairages
L’automatisation de l’éclairage de la piscine et du jardin offre un champ des possibles étendu en matière d’ambiances, selon les occasions particulières que recherche le propriétaire des lieux. Les projecteurs immergés et les spots extérieurs peuvent être gérés individuellement ou en groupe, et même programmés pour s’allumer et s’éteindre selon des plages horaires spécifiques, voire selon un calendrier établi. Notez que les éclairages peuvent être synchronisés avec d’autres éléments de la piscine, comme par exemple une cascade ou une fontaine. Enfin, l’intensité lumineuse pourra s’adapter aux conditions climatiques, selon que c’est la pleine lune ou la nuit noire…
Gestion du niveau d’eau
La domotique est à même de gérer le niveau d’eau d’une piscine, dès lors que des dispositifs ont été prévus à cet effet. Cela implique que des sondes de détection de niveau haut et de niveau bas aient été installées, où qu’elles le soient le moment venu, et que le circuit hydraulique soit complété d’un by-pass avec électrovannes pour évacuer le surplus d’eau ou à contrario procéder au remplissage du bassin. Ce dispositif a toute sa raison d’être quand, lors de la construction ou lors de d’eau maçonné est enterré non loin de la piscine, pour la rendre définitivement autonome en eau.
Un tel dispositif est certes plus coûteux et contraignant à mettre en place que les procédés jusqu’alors employés, consistant d’une part à retirer l’opercule en partie haute d’un skimmer pour y coller un tuyau d’évacuation d’eau, et consistant d’autre part à adjoindre au skimmer un remplissage automatique fonctionnant selon le principe du mécanisme de la chasse d’eau. Sauf qu’il est impossible à une domotique de commander ces systèmes basiques pour gérer intelligemment la ressource en eau, tel que nous l’avons décrit ci-avant dans le passage consacré à la gestion du lavage de filtre automatique.
D’autres fonctions annexes à la piscine peuvent également être prises en charge par la domotique, comme par exemple, l’arrosage automatique du gazon.
L’interaction des équipements
Quand une domotique est installée au local technique l’ensemble des équipements visés. Selon la génération de ces appareils, certains parfois anciens n’auront pas cette faculté, tandis que d’autres n’auront pas la technologie suffisante et requise pour en retirer le meilleur rendement. Prenons à titre d’exemple celui des pompes de filtration, dont les modèles mono-vitesse sont, en l’occurrence, de toute évidence dépassés. Certes moins chères à l’achat, ces pompes demeureront énergivores en toutes circonstances par rapport à leurs benjamines multi-vitesse.
Les pompes mono-vitesse consomment toujours la même quantité d’électricité de manière linéaire, quels que soient les réels besoins du bassin, tandis que les pompes à vitesse variable, comme nous l’avons vu plus haut, adaptent leur vitesse, et donc leur consommation électrique, selon le réel besoin. Répétons-le, en renseignant la domotique sur le volume de l’eau, le type de filtre et de filtration, la pompe à vitesse variable tournera à son débit optimum, contrairement à une pompe mono-vitesse qui peut être sous ou surdimensionnée, avec dans les deux cas une plus forte consommation d’électricité.
Des raccordements simples, avec les appareils de dernière génération
Lorsque les appareils sont de dernière génération, le raccordement sera simple, car ils disposent des interfaces nécessaires pour communiquer entre eux, sans fil, via Bluetooth, Wi-Fi, voire prise CPL, selon les modèles.
Plus rarement, il peut être nécessaire de recourir à un câblage électrique. L’appairage se fait ensuite directement auprès de la domotique. Ce qui caractérise les appareils de dernière génération, c’est leur simplicité, due à leurs microprocesseurs directement connectés en Wi-Fi.
Sécurité et notifications
Activité inhabituelle dans la piscine
Lorsque des capteurs de mouvements sont intégrés à la piscine et reliés à la domotique, le propriétaire d’une piscine peut être informé d’une activité inhabituelle dans sa piscine, voire également autour du bassin par l’activation d’alarmes extérieures. Ainsi, en cas d’intrusion, une notification est adressée au propriétaire des lieux.
Prédiction des pannes
Avec près de 1 000 relevés par seconde pour certaines domotiques, la prédiction de pannes est aujourd’hui possible, avec des alertes sous forme de notifications. Quant à la domotique elle-même, mieux vaut opter pour un modèle dont le dispositif est conçu pour compenser toute coupure d’électricité durant un laps de temps défini, voire tout arrêt d’Internet.
Fonctionnement en cas de coupure d’Internet
Certains développeurs ont fait le choix de ne pas recourir au Cloud, pour que, en cas de coupure d’Internet, la domotique continue de fonctionner et ne laisse jamais la piscine sans instruction.
Et pour assurer une surveillance et du contrôle à distance sans faille via son terminal connecté, là encore, certains fabricants ont redoublé de prudence en permettant à leur domotique de communiquer avec l’extérieur par internet et via la 4G et/ou 5G. Enfin, dès lors que l’utilisateur reste inscrit dans un périmètre réduit, le Bluetooth reste une bonne alternative.
Quel changement dans la relation propriétaire / piscinier ?
La domotique offrant une surveillance et la gestion de sa piscine à distance, le particulier qui le désire a la faculté d’associer son piscinier à ces fonctions. Ce dernier peut ainsi s’assurer du bon fonctionnement et du bon état général de la piscine que son client lui confie, en consultant depuis son propre terminal les informations régulières relatives à cette piscine-là. Le professionnel peut également être destinataire des alertes, comme celles par exemple annonçant une fin proche de produit dans un bidon, pour ainsi approvisionner dans les délais impartis le produit qui viendra à manquer.
Quant à la prédiction des pannes évoquées précédemment, là encore, c’est l’assurance que le piscinier pourra intervenir dans des délais courts, avec les bonnes pièces en main, et que la piscine qui ne sera pas immobilisée. Un réel gain de temps pour l’usager et le professionnel.
Cela étant, l’usager qui souhaite conserver une certaine autonomie sera intéressé de savoir que des marques de domotique pour piscines incluent des services à la clientèle spécifiques, accessibles sur l’application dédiée, sous forme de tutoriel, de FAQ, voire de tchat avec le service technique de la marque.