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Construire sa piscine, ce qu’il faut tout d’abord savoir
Conseils pratiques

Construire sa piscine, ce qu’il faut tout d’abord savoir

Construire une piscine implique bien plus que choisir un revêtement ou une forme de bassin. Entre les formalités d'urbanisme à respecter, déclaration préalable ou permis de construire selon la superficie, les dispositifs de sécurité obligatoires pour protéger entre autres les jeunes enfants, et le choix crucial entre piscinier professionnel et construction assistée, le projet requiert anticipation, rigueur et conseils.

Urbanisme et formalités

Se décider à construire une piscine, c’est accepter d’entrer dans un univers réglementaire qu’il faut ne pas négliger. Le propriétaire doit en effet s’interroger sur ce que la loi autorise, ce qu’elle impose et ce qu’elle interdit. Loin d’être un simple détail administratif, cette étape conditionne parfois la faisabilité même du projet.

Le code de l’urbanisme organise les formalités préalables à la construction d’une piscine autour de trois grands régimes.

Le premier est l’absence totale de formalités : il concerne les bassins dont la superficie est inférieure ou égale à 10 m2, à condition de ne pas se trouver dans un secteur sauvegardé ou un site classé. Les piscines hors-sol démontables, installées pour une durée maximale de trois mois et dont le lieu est remis en état après usage, bénéficient également de cette dispense. Ce premier régime rassure souvent les propriétaires qui souhaitent simplement poser une piscine estivale sans engagement structurel durable.

Le deuxième régime concerne la déclaration préalable de travaux, appelée aussi autorisation de travaux. Elle s’applique aux bassins d’une superficie inférieure ou égale à 100 m2, non couverts ou dont la couverture, fixe ou mobile, ne dépasse pas une hauteur de 1,80 m au-dessus du sol. Il s’agit du cas de figure le plus courant pour les piscines résidentielles ordinaires. La démarche consiste à déposer un dossier en mairie, laquelle est désormais seule compétente pour instruire ces demandes, la DDE n’assurant plus cette fonction depuis plusieurs années.

Le troisième régime est le permis de construire, plus contraignant. Il est exigé pour les bassins dépassant 100 m2, qu’ils soient couverts ou non, ainsi que pour les piscines couvertes dont l’abri atteint ou dépasse 1,80 m de hauteur.

Ce permis est également requis lorsque l’on installe un abri sur une piscine existante. En deçà de cette hauteur, aucune formalité n’est nécessaire pour l’abri seul.

Une règle d’implantation s’ajoute à ces dispositifs : sauf disposition contraire du plan local d’urbanisme, le bassin doit être implanté à une distance minimale de 3 m de la limite parcellaire, la plage de la piscine étant incluse dans ce calcul. C’est un point souvent méconnu des particuliers qui découvrent, parfois trop tard, que leur projet empiète sur cette marge légale.

Il convient également de ne pas oublier que les règlements de copropriété ou de lotissement peuvent imposer des contraintes supplémentaires, et qu’ils prévalent sur le code de l’urbanisme lorsqu’ils sont plus restrictifs. Même dans les cas où aucune formalité n’est légalement requise, une consultation préalable de la mairie reste fortement recommandée, ne serait-ce que pour s’assurer que le plan local d’urbanisme communal ne contient pas de dispositions spécifiques.

La sécurité

Depuis l’entrée en vigueur de la loi du 11 mars 2004, toute piscine enterrée ou semi-enterrée à usage individuel doit être équipée d’un dispositif normalisé de sécurité destiné à protéger les enfants de moins de 5 ans contre le risque de noyade. Cette obligation ne concerne pas les piscines hors-sol ni les piscines fermées en permanence.

Quatre types de dispositifs sont reconnus par la loi, chacun correspondant à une norme AFNOR spécifique. Les alarmes, référencées sous la norme NF P90-307, se déclinent en deux catégories : les alarmes immergées, qui se déclenchent lorsqu’un corps chute dans l’eau, et les alarmes périmétriques, qui activent un signal sonore dès qu’une personne franchit le rayon infrarouge délimitant la zone sensible autour du bassin. Les barrières de sécurité, conformes à plan d’eau et peuvent être réalisées dans différents matériaux, rigides comme le bois, le verre ou l’aluminium, ou souples en matière plastique. Les couvertures normalisées NF P90-308, qu’il s’agisse de toiles d’hivernage, de volets flottants ou de fonds mobiles, combinent protection et confort quotidien. Enfin, les abris de piscine, classifiés NF P90-309, qu’ils soient plats, bas, mi-hauts ou hauts, mobiles ou fixes, offrent à la fois la sécurité requise et un agrément appréciable tout au long de la saison.

Faire construire ou construire soi-même ?

Une fois les démarches administratives maîtrisées, une question fondamentale se pose : confier la réalisation du projet à un professionnel, ou se lancer dans l’aventure en construisant soi-même, quitte à se faire accompagner ? Les deux approches n’appellent pas les mêmes précautions ni les mêmes ressources.

Faire appel à un piscinier professionnel est, pour la grande majorité des particuliers, la voie la plus sûre et la plus sereine. Un bassin enterré fait en effet appel à un ensemble de compétences techniques très diversifiées : génie civil, maçonnerie et résistance mécanique, hydraulique, étanchéité, chauffage de l’eau, traitement chimique, électricité, déshumidification de l’air dans le cas d’une piscine couverte, et désormais domotique avec les nouvelles technologies. Cette somme de savoir-faire dépasse largement ce que le simple bricoleur, même averti, peut prétendre maîtriser seul.

Le choix du bon professionnel mérite une attention particulière. Il est conseillé d’en consulter idéalement trois afin de comparer les propositions. Le premier critère est humain : le courant doit passer, car le chantier s’étale généralement entre trois et six mois selon la complexité du projet et la saison de démarrage. Le piscinier sera amené à intervenir régulièrement chez vous, parfois en votre absence, ce qui suppose une relation de confiance établie dès le départ.

Sur le plan professionnel, plusieurs indicateurs permettent d’évaluer le sérieux d’une entreprise. Il convient de vérifier son statut juridique, de consulter les avis du bouche-àoreille dans son entourage, et surtout d’exiger une attestation d’assurance décennale en cours de validité.

Des labels complémentaires méritent également l’attention : l’adhésion à la Fédération des Professionnels de la Piscine et du Spa, le label Propiscines®, les certifications Qualisport, Qualibat ou encore la norme ISO 9001 sont autant de gages de professionnalisme reconnus. Enfin, il ne faut pas négliger la capacité du piscinier à assurer un service aprèsvente de qualité : stock de pièces détachées, espace de vente ouvert en continu durant l’été, gamme de produits d’entretien disponible tout au long de la saison.

L’autoconstruction, quant à elle, n’est pas une option à écarter. Des kits de piscines à construire soi-même sont aujourd’hui disponibles sur le marché, et certains propriétaires bricoleurs choisissent cette voie pour réaliser des économies substantielles. Mais même dans ce cas, se rapprocher d’un piscinier reste fortement recommandé. Travaillant en mode assistance à la maîtrise d’ouvrage, le professionnel peut fournir les plans de terrassement, établir le schéma hydraulique du circuit de filtration, se rendre sur le chantier à des étapes clés pour épauler le particulier, et intervenir notamment lors de la pose du revêtement d’étanchéité, qui constitue l’opération la plus délicate de tout le processus.

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Réalisation : l’esprit piscine - Photo : Nicolas Roger - Architecte : Hervé Delouis (63)

Piscine en béton armé de 10 m par 4 m, revêtue d’une membrane armée 150/100ème gris anthracite. Côté technique, notons un réseau hydraulique à skimmer, un filtre à sable, une régulation automatique, une pompe à chaleur, un éclairage par projecteurs et une couverture souple immergée. - l’esprit piscine

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