Un après-midi en famille ou entre amis, un évènement à fêter, louer une piscine entre particuliers est un phénomène récent et d’ampleur à en juger par le nombre de sites internet dédiés. Pour les visiteurs, c’est l’occasion de profiter d’un lieu privatif aménagé et pour le propriétaire, c’est un complément de revenu.
Les formalités préalables
Louer sa piscine à des tiers ne requiert aucune autorisation administrative particulière. Cette liberté s’applique à tous les types de bassins que la législation française autorise à mettre à disposition pour une heure, une demi-journée ou plus.
Cependant, une obligation légale s’impose dès lors que la piscine est enterrée et extérieure : elle doit être équipée d’un dispositif de sécurité homologué, alarme, barrière périphérique, couverture rigide ou abri. L’absence de dispositif conforme expose à une amende et à la perte de la couverture assurantielle, que la piscine soit louée ou non. Au-delà du volet réglementaire, le lieu doit être propre et exempt de tout danger pour la circulation des baigneurs.
Le contrat de location
La formalisation juridique est essentielle. Les parties doivent signer un bail civil, régi par les articles 1713 et suivants du Code civil. Ce type de contrat est adapté aux locations de courte durée et il offre une grande liberté, le prix, la durée et les conditions étant librement fixés entre les deux parties.
Le contrat doit mentionner identités des parties, durée de la location, tarif et modalités de paiement, dépôt de garantie, ainsi que les obligations de chacun. Il est conseillé d’y annexer un règlement intérieur et un état des lieux sommaire. Lorsque la location transite par une plateforme spécialisée, le contrat est généré lors de la confirmation, et le paiement est sécurisé. En location directe, le propriétaire le rédige lui-même et conserve un exemplaire signé.
Les tarifs pratiqués en 2026
Le prix est librement fixé par le propriétaire. Aujourd’hui les plateformes spécialisées affichent des tarifs compris entre 5 et 20 € de l’heure par personne, avec des disparités géographiques importantes.
En Île-de-France, les prix atteignent couramment 15 à 20 €/h par personne ; en région PACA, la concurrence maintient les tarifs entre 5 et 15 €/h. Dans les zones rurales ou moins touristiques, la fourchette descend à 3–8 €/h.
Une famille de quatre personnes peut ainsi débourser entre 80 et 320 € pour une demi-journée, un tarif souvent jugé attractif par rapport aux piscines municipales saturées en été. Les plateformes prélèvent une commission sur les revenus du propriétaire.
Assurance et fiscalité
Côté assurance, la mise en location représente un risque que l’assureur doit impérativement connaître. Il faut donc informer son assureur avant la location pour confirmer cette couverture. Le propriétaire doit par ailleurs exiger du locataire son attestation de responsabilité civile.
Côté fiscalité, les revenus issus de la location sont imposables dès qu’ils dépassent 760 € par an. Ces recettes relèvent des bénéfices industriels et commerciaux non professionnels (BIC) et doivent être déclarés. En deçà de 77 700 € de recettes annuelles, le régime micro-BIC s’applique avec un abattement forfaitaire de 50 % sur les revenus imposables.
Depuis janvier 2023, les plateformes transmettent automatiquement les revenus des utilisateurs à l’administration, la transparence fiscale n’est plus une option.
En pratique
Pour le propriétaire, deux voies s’offrent : gérer la location en direct ou déléguer à une plateforme. La gestion directe est la plus fastidieuse, mais via une plateforme la démarche est simplifiée : le propriétaire crée une annonce en renseignant disponibilités, capacité d’accueil, tarif, plusieurs photos et une description des prestations ; la plateforme gère les réservations, le contrat, le paiement et l’assurance, puis vire les fonds.
Pour le locataire, la démarche est intuitive. Il consulte les annonces en ligne, sélectionne la piscine selon la localisation, la capacité et les équipements, puis réserve. Il s’engage à respecter le règlement intérieur, à ne pas dépasser le nombre de baigneurs autorisés et à restituer les lieux dans leur état initial.