Chauffer l’eau, l’atout de la pompe à chaleur
Rénover sa piscine, c’est aussi l’occasion de l’équiper d’un chauffage de l’eau, la solution idéale pour piquer une tête dès les premiers beaux jours et prolonger significativement la saison de baignade lorsque les nuits devenues fraîches font descendre la température du bassin. Dans un contexte où l’usage de la piscine se veut plus confortable et plus long dans l’année, le chauffage devient un élément déterminant de l’intérêt du bassin, autant sur le plan du bien-être que de la valorisation immobilière.
En l’occurrence, nous devons plutôt parler de chauffages, au pluriel, le choix devant s’opérer entre le réchauffeur électrique, l’échangeur de chaleur, la pompe à chaleur, la chaudière au gaz ou encore le chauffage solaire. Selon le type retenu, l’installation peut être aisée ou complexe, avec des implications différentes en termes de coûts, d’entretien, de disponibilité des énergies et d’empreinte environnementale. Un diagnostic préalable du site, de l’exposition au vent et au soleil, ainsi que des contraintes techniques du local, permet de mieux affiner cette sélection.
La pompe à chaleur, peu énergivore, absorbe les calories contenues dans l’air extérieur pour les transférer dans l’eau de la piscine et lui permettre ainsi de monter en température. Elle peut ainsi afficher un coefficient de performance (COP) compris entre 3 et 5, c’est-à-dire qu’elle restitue de 3 à 5 kW de calories pour 1 kW d’électricité consommé. Ce rendement particulièrement intéressant explique son succès croissant auprès des propriétaires soucieux de contenir leurs factures énergétiques tout en gagnant en confort de baignade. Certaines gammes haut de gamme proposent même des fonctions de dégivrage et d’optimisation électronique, afin de garantir un fonctionnement plus stable en intersaison.
Même si certaines fabrications de pompe à chaleur prévoient une installation en intérieur, la majorité des modèles est posée à l’extérieur, sur un support plan et propre, proche du local technique, en respectant un dégagement suffisant pour permettre la libre circulation de l’air autour et au-dessus de l’appareil. On veillera également à limiter les nuisances sonores en choisissant un emplacement adapté et, si nécessaire, en prévoyant des dispositifs d’isolation phonique. Le raccordement hydraulique, bien que technique, est plutôt simple dans la conception. Il requiert deux canalisations pour l’arrivée et le retour de l’eau de la piscine propulsée par la pompe de filtration. Les canalisations sont greffées sur le circuit des refoulements, en sortie de filtre, via un by-pass, ce qui permet de moduler le débit traversant l’échangeur de la pompe à chaleur et d’optimiser les performances.
Une alimentation électrique de section supérieure à la normale est à prévoir si la machine est de forte puissance. Le dimensionnement du circuit, du disjoncteur et des dispositifs de protection différentielle doit être confié à un électricien qualifié, en respectant la réglementation en vigueur pour les volumes de sécurité autour des piscines. Lorsque le chauffage est quelque peu éloigné du local technique, il faut alors prévoir d’enfouir les canalisations et le câble électrique, avec une attention particulière portée aux profondeurs de passage, aux croisements éventuels de réseaux et à la protection mécanique des conduites.
Notons que certaines pompes à chaleur s’arrêtent automatiquement dès lors que la température extérieure descend en-dessous de 15°C, tandis que celles dites toutes saisons s’exonèrent de ce seuil, leur permettant d’équiper des piscines d’intérieur ou des bassins extérieurs couverts d’un abri. Dans ces configurations, l’appareil peut fonctionner sur une plage de températures plus large, ce qui convient parfaitement aux utilisateurs qui souhaitent prolonger la période de baignade du printemps jusqu’à l’automne, voire toute l’année pour les bassins intérieurs.
Éclairer le bassin, la révolution des LEDs
Une piscine dépourvue de projecteur immergé est une piscine triste, car cet équipement ne sert pas qu’à guider le bain du soir, il illumine littéralement l’environnement de la piscine une fois la nuit tombée. L’éclairage subaquatique participe grandement à l’ambiance festive de la piscine, tant à l’intérieur du bassin qu’à l’extérieur, surtout depuis l’arrivée des LEDs de couleurs. Il contribue à structurer les espaces extérieurs et à mettre en scène le plan d’eau, les margelles, voire le jardin et les plages, transformant le bassin en véritable tableau nocturne.
L’ampoule à incandescence d’un projecteur de piscine se remarque par l’importance de son diamètre avoisinant une vingtaine de centimètres, et l’épaisseur de sa partie arrière bombée venant se loger dans une calotte vissée étanche sur une collerette qui coiffe la face avant de l’ampoule. Cet ensemble forme le bloc optique, inséré dans une niche scellée dans la paroi du bassin. De fait, l’optique arrive à fleur de mur. Un ou deux projecteurs placés sur la longueur de la piscine suffisent pour éclairer correctement le bassin dans la plupart des cas, mais certains projets plus ambitieux peuvent nécessiter une implantation plus étudiée afin d’éviter les zones d’ombre et d’obtenir un rendu homogène.
Comme ces ampoules à incandescence sont sur le déclin, sans être pour autant obsolètes, elles peuvent être remplacées facilement par des ampoules de mêmes dimensions contenant de multiples LEDs, permettant ainsi de bénéficier de couleurs en plus du blanc. Cette solution de relamping offre une transition douce vers les technologies modernes sans travaux lourds sur la structure. Elle permet de rationaliser la consommation électrique tout en améliorant considérablement la palette d’ambiances disponibles autour du bassin.
Les projecteurs halogènes immergés diffusent un éclairage blanc intense, avec un faisceau réduit par rapport aux projecteurs à incandescence et à LEDs, compensé par l’incorporation d’un réflecteur à facettes. Les ampoules 12 V étant de petit diamètre, ces projecteurs disposent d’un très faible encombrement leur permettant de se passer de niche et d’être installés dans une traversée de paroi, identique à celle de la mise en place de refoulements. Cette configuration simplifie les travaux sur un bassin existant et se prête bien aux installations de rénovation où chaque ouverture supplémentaire dans la structure doit être soigneusement maîtrisée.
L’intensité du spot halogène est moindre que celui de la lampe incandescente de piscine ; l’alimentation électrique depuis le local technique ne nécessite pas une grosse section de câble. Notons enfin que le faible encombrement est un vrai atout, puisque ce type de spot peut être placé à différents endroits du bassin, y compris là où l’on ne dispose que d’une faible hauteur d’eau, comme une plage immergée ou un escalier de piscine. Cette modularité permet de souligner certains éléments architecturaux du bassin, par exemple une banquette, une zone balnéo ou une entrée de type plage.
Les projecteurs à LEDs émettent de la lumière blanche et de couleurs. Selon les modèles, la puissance lumineuse est plus ou moins intense, fonction de la quantité de diodes embarquées, et des angles de projection plus ou moins larges. Les ampoules à LEDs destinées aux projecteurs immergés de piscine sont fabriquées selon les mêmes encombrements que celles à incandescence, pour opérer une permutation aisée. Avec les ambiances nocturnes qu’offrent les différents jeux de lumières colorées commandés à distance, et la faible consommation électrique, ce type d’éclairage rencontre un vif succès, aussi bien dans les bassins familiaux que dans les piscines d’hôtels ou de gîtes.
La fibre optique pour piscine se présente sous la forme d’une longue gaine souple transparente qui protège un faisceau de très fines fibres translucides en plastique. Celles-ci conduisent d’une extrémité à l’autre de la gaine une lumière blanche ou colorée produite par un générateur extérieur au bassin. Différents programmes automatiques ou télécommandés restituent une ambiance feutrée une fois la nuit tombée. Dans sa configuration la plus courante, la fibre est déployée sous margelles sur toute la périphérie du bassin, permettant ainsi à la lumière générée de se refléter sur l’ensemble du plan d’eau et de mettre ainsi en valeur les formes du bassin. Cette technologie, peu intrusive pour la structure, se prête particu- lièrement bien aux bassins déjà construits où l’on souhaite ajouter une touche décorative sans multiplier les percements.
La piscine sportive, avec la nage à contre-courant
La NCC, nage à contre-courant, convient à toute la famille. C’est un équipement complet permettant non seulement de véritablement nager en faisant du sur-place dans la piscine, mais aussi de se prodiguer des massages en dirigeant sur des zones ciblées du corps un tuyau spécifique qui diffuse un jet concentré et puissant, idéal entre autres pour le ventre ou les cuisses. Elle transforme un bassin de dimensions modestes en véritable couloir de nage dynamique, offrant la possibilité de s’entraîner de manière régulière, sans nécessiter un grand terrain.
L’installation d’un tel équipement sur un bassin existant diffère selon qu’un aménagement en attente a été ou non prévu à profession. Autrement dit, faut-il intervenir dans le gros œuvre de la structure du bassin pour sceller la pièce maîtresse de l’appareil ou est-elle déjà en place, mais invisible sous un revêtement liner ou membrane armée ? À défaut de connaître la réponse, celle-ci se dévoilera lors de la réfection de l’étanchéité. Une expertise visuelle attentive, complétée au besoin par des repérages sur plans, est souvent nécessaire pour éviter les mauvaises surprises en cours de chantier.
Une nage à contre-courant qui n’a pas été prévue nécessite des aménagements, à l’instar de la création d’un emplacement pour projecteur. Il s’agit là de terrasser largement et profondément au dos du bassin dans le périmètre du petit bain, puis de traverser la paroi depuis l’intérieur du bassin pour sceller ladite pièce qui sera ensuite étanchée, le cas échéant au nouveau revêtement, et enfin raccordée à une puissante pompe. Les débits mis en jeu étant importants, un dimensionnement précis des conduites d’aspiration et de refoulement est primordial afin de garantir un fonctionnement satisfaisant et limiter les pertes de charge.
Reste à déterminer l’emplacement de cette dernière si rien n’a été prévu au départ. Idéalement plus la pompe est proche du bassin, meilleur est son rendement, de sorte qu’on la positionne habituellement dans un caisson enterré situé au dos du colis n° 1, lorsque celui-ci existe. Cette proximité réduit les longueurs de canalisations, diminue les pertes hydrauliques et fluidifie la circulation de l’eau, tout en limitant le bruit perçu autour du bassin si l’on prévoit une bonne isolation phonique du caisson.
Moderniser le système hydraulique et la filtration
Au cœur du réacteur : toute rénovation de bassin doit s’accompagner d’une analyse de l’état du système hydraulique et de la filtration. Elle permet d’envisager l’installation d’outils et d’équipements plus performants, pompe, filtre, surpresseur ou traitement automatique de l’eau, voire la reprise à neuf du circuit hydraulique enterré autour du bassin jusqu’à l’entrée du local technique ou le remplacement de pièces scellées. Cette étape de diagnostic, trop souvent négligée, conditionne pourtant directement la qualité de l’eau, la consommation d’énergie et la pérennité de l’ouvrage.
Si l’on entreprend une rénovation importante de sa piscine, avec notamment une reprise des plages, il est judicieux de préalablement refaire à neuf le circuit hydraulique extérieur, en reliant les pièces scellées par de nouvelles canalisations jusqu’à l’entrée du local technique. Comme les terres ont été tassées depuis une vingtaine d’années, il n’est plus nécessaire de terrasser jusqu’au point bas de la piscine. On laisse enterrées bien au fond les anciennes canalisations pour dérouler de nouvelles sections de polyéthylène à mi-hauteur. On en profite généralement pour remplacer également l’alimentation électrique des projecteurs immergés, afin de disposer d’un ensemble cohérent et fiable pour les années à venir.
Opérer de la sorte permet de repartir avec un ensemble cohérent et neuf, sans risque de dysfonctionnement ou de casse prochaine sur d’anciennes canalisations qui ont été largement sollicitées et attaquées par des eaux parfois agressives tant par les traitements chocs que par des teneurs de pH déséquilibrées. Il ne peut en être autrement si l’on veut être serein durant de nombreuses années, qui plus est lorsque l’on a décidé de refaire la plage. On évite ainsi de devoir rouvrir un dallage ou une terrasse neuve quelques années plus tard pour traiter une fuite ou un écrasement de canalisation.
Pour le remplacement d’une pièce scellée, une pièce cassée ne sera généralement pas réparable, ou du moins ne présentera plus de garantie de résistance sur le long terme. Aussi il faut prévoir son remplacement, souvent conditionné par le chan- gement du revêtement. Une telle opération implique de casser le gros œuvre de la piscine autour de la pièce incriminée pour faciliter ainsi son extraction et son remplacement. Cela s’accompagne de travaux de terrassement tout autour de la zone et en-dessous pour dégager la canalisation, bénéficier d’une liberté d’action suffisante pour couper proprement, puis raccorder la pièce neuve. Un soin particulier doit être apporté à l’étanchéité autour de la nouvelle pièce, surtout en présence de revêtements sensibles comme le liner ou la membrane armée.
Du côté de la filtration, faire des économies d’énergie est maintenant possible. Ces dernières années, les industriels ont mis au point des pompes de nouvelle génération qui consomment moins d’électricité pour des débits identiques. Au même titre que dans l’automobile, l’électronique est venue en renfort pour améliorer les rendements, grâce à des vitesses variables de rotation de moteurs. Ces pompes à vitesse variable permettent d’adapter finement le débit de filtration aux besoins réels du bassin, réduisant les consommations en période de moindre fréquentation tout en garantissant un brassage suffisant.
Côté filtre, l’économie dépendra d’abord d’une dimension suffisante de cuve par rapport au volume du bassin et à la distance séparant la piscine du local technique. Le conseil est de surdimensionner la cuve pour augmenter ainsi la surface de filtration et espacer les fréquences de contre-lavages. Quant aux filtres à sable, remplacer la traditionnelle silice calibrée par des granulés polis de verre recyclé ou par de la zéolite issue de roches volcaniques, offre des qualités surprenantes d’absorption, l’absorption étant la rétention à la surface du filtre. Accessoirement, on en profitera pour raccorder en aval de la pompe un système de mise à la terre des courants vagabonds présents dans l’eau ; ils sont néfastes à certains composants ou équipements de la piscine, surtout en présence d’un électrolyseur d’eau salée. Ce dispositif, simple dans son principe, contribue à prolonger la durée de vie des éléments métalliques et à limiter les phénomènes de corrosion prématurée.




