Une piscine installée sur un toit-terrasse, c’est une réalisation qui marque l’esprit de ceux qui la découvrent car sa présence est souvent, pour ne pas dire toujours, inattendue. La plupart du temps, c’est une piscine citadine dont l’un des avantages est de s’exonérer de la nécessité d’une parcelle de terrain pour s’y implanter. Dans le cas présent, elle conquiert un espace préexistant fortement sinon exclusivement bétonné de sorte qu’en s’y installant, elle viendra briser cet îlot de chaleur. À ce titre, un tel concept s’inscrit parfaitement dans les futures politiques d’aménagements paysagers écologiques actuellement en réflexion dans le cadre des nouvelles constructions immobilières, avec comme objectif prioritaire de favoriser l’infiltration des eaux de pluie en interdisant la création de zones imperméables sur des terrains nus. Implanter une piscine au sein d’un immeuble, figure d’un certain luxe, reste assez peu courant car tous les toits ne sont pas habitables, et quand bien même le seraient-ils, tous ne sont pas aptes et conçus pour héberger un tel équipement de sports et de loisirs à domicile. La faisabilité relève ainsi d’un ensemble de contraintes et de réglementations incontournables.,
Les contraintes techniques
Le projet d’une piscine sur un toit-terrasse n’est pas sans conséquences pour le bâtiment destiné à l’accueillir, notamment des contraintes d’ordre technique qui obligent à consulter préalablement un architecte. Sa mission consistera à s’assurer de la résistance du bâti existant et de l’impact d’une piscine sur celui-ci, tant en matière de solidité qu’en matière de stabilité. Pour ce faire, un calcul des charges devra être réalisé par un ingénieur béton. Outre la structure d’une piscine qui constitue un poids s’approchant de la tonne voire la dépassant, l’eau qu’elle contiendra représente une tonne par mètre cube. Alourdir ainsi de plusieurs tonnes le sommet d’un immeuble n’est donc pas anodin. Dans le cas d’une création de piscine intégrée au projet d’une construction d’un immeuble avec, en toit-terrasse, un penthouse, le bâtiment sera conçu en fonction des contraintes structurelles nécessaires pour que le but que l’on s’est fixé au dernier étage soit atteint sans répercutions futures. Dans le cas d’une réalisation de piscine sur un toit-terrasse déjà existant, le projet sera défini selon l’avis éclairé de l’architecte en termes de charge maximale au mètre carré et en termes de répartition des masses. Et lorsque qu’un tel projet audacieux est déclaré techniquement possible, alors vient le temps de passer à l’étape des autorisations et autres réglementations relatives, tant à la construction de la piscine qu’à son emplacement si particulier.
Les réglementations
L’autorisation d’une piscine sur un toit-terrasse relève de plusieurs accords. S’agissant d’une configuration particulière ayant emprise sur un bâtiment d’une copropriété, il appartient au propriétaire de l’immeuble puis, à défaut d’écrits spécifiques, de recueillir l’approbation des copropriétaires réunis en assemblée générale voire en assemblée extraordinaire. Par ailleurs, au niveau urbanistique, il conviendra de déposer une demande d’autorisation voire un permis de construire, à la discrétion de l’architecte bien au fait des différentes obligations administratives selon le type de projet et de configuration. La consultation du plan local d’urbanisme (PLU) de la commune permettra de s’assurer qu’il n’y a pas d’ores et déjà une contreindication. Il faut savoir qu’aucune commune n’est obligée d’accepter ce type de construction, ni même une architecture sur un toit plat lorsque le projet est global. Au sein ou à proximité de zones classées, une piscine en toit-terrasse aura plus de difficulté à être acceptée. En se rapprochant de l’architecte des Bâtiments de France pour plaider votre cause avec documents à l’appui prouvant une approche respectueuse de l’environnement et de l’urbanisme protégé, votre projet pourra peut-être néanmoins bénéficier d’une issue favorable.
Une mise en œuvre complexe
L’heureux propriétaire qui parviendra à ses fins devra ensuite consulter un piscinier expérimenté. Ce dernier sera confronté à des difficultés d’approvisionnement et de mise en œuvre pour toute construction d’un bassin postérieur à celle de l’immeuble. Idéalement, sur un immeuble déjà construit, une piscine modulaire reste l’option privilégiée, avec au choix des parois en bois, des panneaux métalliques, acier, ou une structure tout inox. Pour travailler à pied d’œuvre, le professionnel devra sans nul doute recourir à un camion grue télescopique dont la charge utile varie de 35 à 250 tonnes. Là encore, il faudra que la rue ne soit pas trop étroite pour permettre à ce type d’engin de se placer latéralement à l’immeuble. Au final, ce type de piscine restera toujours plus cher qu’une piscine implantée dans le sol. Mais quel résultat une fois en place, et quelle sensation extraordinaire de pouvoir nager en plein ciel en bénéficiant généralement d’une vue dégagée à 360°.




